Les Chants de Maldoror : le surréalisme en avance

Nom de l’oeuvre : Les Chants de Maldoror

Auteur : Le Comte de Lautréamont

Date de parution : 1869

Édition : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 446 pages

Résumé : “Lorsqu’en 1869, sous le pseudonyme de Lautréamont, Isidore Ducasse fait imprimer Les Chants de Maldoror, c’est un texte inclassable que le jeune poète de vingt-trois ans offre aux lecteurs. Cette épopée de la peur, des ténèbres et du mal, qui brandit son attirail de cruautés et fait sourdre un fond de terreur infantile dans les amples strophes de ses six chants, demeura à peu près sans écho à sa parution : il fallut donc attendre sa redécouverte par les surréalistes pour que ce livre où s’inaugure la transgression moderne prît sa vraie place.”

Prix : 5,10 €


De quoi ça parle ?

Les Chants de Maldoror, c’est un classique littéraire, une oeuvre de poésie en prose. Certes, ça vous paraît ennuyeux, rébarbatif et probablement chiant mais c’est avant tout un plaisir insoupçonné à la lecture.

Le Comte de Lautréamont (de son petit  nom Isidore Ducasse) met en scène Maldoror, un personnage profondément mauvais et perverti qui exprime librement sa pensée et fait le récit de nombreuses atrocités ; si vous êtes sensible, certains passages pourraient vous heurter. Dans les frasques de Maldoror, on dénombre des démembrements, des viols, du cannibalisme, et quelques autres petites choses fort sympathiques (et bien entendu longuement décrites).

Mais ne vous en faites pas, ce n’est pas pour cette raison que j’ai apprécié lire Les Chants de Maldoror ! Je ne suis pas une psychopathe (enfin pas à ma connaissance). En réalité, et en toute honnêteté, c’est pour les deux premiers chants que j’ai eu un coup de cœur pour la plume de Lautréamont. L’oeuvre est divisée en chants (six au total) qui eux-mêmes sont subdivisés en strophes ; la plupart des strophes des deux premiers chants s’attardent sur des réalités métaphysiques, avec superbe. Ainsi la plainte de l’hermaphrodite vous émeut ou l’éloge de l’océan vous prend aux tripes ; c’est de cette façon que je me suis retrouvée à méditer sur l’Humanité vers 19h42 dans un TER bondé et bruyant (et relativement pourri).

Alors si vous aimez relire de belles phrases, annoter des livres avec un crayon à papier et des post-it, méditer sur l’espèce humaine dans des endroits incongrus, ce livre est fait pour vous.

Le surréalisme ?

Si tu es un néophyte, sache que le surréalisme est un courant littéraire du XXème siècle qui est né en réaction à la Première Guerre mondiale. Constatant que l’art n’a rien pu faire contre cette violence extraordinaire, un contingent complet d’artistes (et notamment André Breton, leur chef de file) a décidé de faire ce qui n’avait jamais été expérimenté auparavant. Autrement dit, un peu n’importe quoi. Des pièces de théâtres dont les dialogues sont uniquement composés de cris, des peintures de toilettes (oui, oui), etc. Mais je vous parlerais un peu plus de ce mouvement dans un autre article.

Revenons à nos moutons. À leur parution, Les Chants de Maldoror n’ont pas fait grand bruit ; c’est plus tard, lorsque les surréalistes l’ont redécouvert, qu’il est réapparu. Et en effet, on constate très clairement que le récit et l’écriture si psychédéliques s’apparente très bien à ce fameux courant littéraire.

Parfois on ne sait plus qui parle : le « je » de Maldoror se perd, quelqu’un d’autre reprend la narration. Lautréamont, un autre personnage ? On l’ignore. Des scènes totalement incongrues sont dépeintes (le combat de Maldoror contre un crabe par exemple) et, sans doute là n’est pas le but recherché, mais c’est franchement rigolo. À l’inverse, on peut trouver beaucoup de tristesse dans l’absurdité, qui est régulièrement présente dans le quotidien de l’Homme.

À toi de décider lecteur, si tu veux pleurer toutes les larmes de ton misérable corps sur le combat de Maldoror contre le crabe angélique ou si tu préfères te taper de bonnes grosses barres parce que, fichtre, c’est complètement con.

Mon avis

Personnellement, j’ai beaucoup aimé les deux premiers chants (comme dit précédemment). Ils ont fait écho quelque part, trouvé quelque chose dans ma psyché qui résonne de façon étrange. Mais, cela étant, il faut bien avouer que les autres chants (quoique parfois toujours aussi beaux) partent un chouilla en cacahuètes.

Après tout, je n’ai pas la prétention de croire qu’un livre aussi complexe soit complètement à ma portée, mais je le conseille à tous ceux qui sont curieux ou qui aiment le beau mot. C’est une surprenante mais très chouette découverte (par le biais de mes études). Et, pas d’inquiétude : la prochaine fois, je choisirai un livre moins chelou, avec moins de transformation en poulpe et de combat de crustacés.

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