Follow Me Back : un grand non

Nom de l’oeuvre : Follow Me Back (Tome 1)

Auteur : A. V. Geiger

Date de parution : 2017

Édition : Robert Laffont (Collection R)

Nombre de pages : 358 pages

Nombre de tomes disponibles : 1

Résumé : “Follow me. Love me. Hate me.

#EricThornObsessed

Agoraphobe, Tessa Hart ne parle à presque personne au quotidien, exception faite des réseaux sociaux où elle nourrit sa passion pour Eric Thorn, le prodige pop-rock de sa génération. Prenez-la pour une folle si vous voulez, mais il est le seul qui semble la comprendre, alors même qu’ils ne se sont jamais rencontrés…
Pris au piège entre son contrat et des fans envahissants au point de lui faire craindre pour sa vie, Eric se crée un faux compte Twitter pour troller l’un de ses plus gros followers, @Tessa♥Eric. Au lieu de ça, la relation qu’ils tissent sur Twitter dépasse vite tout ce qu’ils auraient pu imaginer. Et lorsque les deux se donnent rendez-vous dans la vraie vie, ce qui aurait pu être la plus belle rencontre de tout les temps vire au cauchemar…”

Prix : 16,90 €


De quoi ça parle ?

Follow Me Back est prévu pour être une saga traitant à la fois des réseaux sociaux (plus particulièrement de Twitter) et vraisemblablement d’amour. Car oui, j’ai souvent lu des chroniques et des avis étalant en long, en large et en travers que le côté thriller de ce premier tome dominait largement l’histoire d’amour ambiante, mais je ne suis pas franchement d’accord.

L’histoire tourne autour des deux personnages principaux, et non d’une réelle intrigue policière (et ce malgré les chapitres consacrés au compte-rendu de l’interrogatoire) : Tessa Hart est une « agoraphobe » (j’expliquerai la raison de ces guillemets plus tard) terrifiée par le monde extérieur et dont la vie n’est ponctuée que par Twitter et Eric Thorn, la super star de pop music. Elle a un petit copain, mais c’est tellement anecdotique que j’en ai déjà oublié le nom. Quant à l’autre protagoniste, il s’agit de cette fameuse super star de pop music qui (du moins au début) est plein de haine envers sa position, son contrat et ses sangsues de fan. Il est lui aussi plutôt névrosé suite au meurtre d’un certain Dorian Cromwell, également chanteur, qui s’est fait assassiner par l’une de ses fans hystériques.

Tessa et Eric entrent en contact via Twitter, de façon plus ou moins hasardeuse. Eric décide de se créer un faux compte intitulé sobrement « @EricThornCr1 »pour contrebalancer l’hystérie de ses fans. Suite à quoi il entre en contact avec Tessa, qui tient l’un de ses comptes fans les plus actifs. S’ensuit alors un échange de messages privés qui ponctue tout ce premier tome, entrecoupé de petites tranches de vie de chacun et d’extraits de l’interrogatoire final disséminés tout au long du livre pour donner un effet de suspense.

Mon avis

C’est nul. Vraiment. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de mal à terminer un livre (qui ne fait que 300 pages !). J’ai bien mis une semaine entière. En comparaison, j’ai lu les trois tomes de La Passe-Miroir (plus de 500 pages chacun) en moins d’une semaine.

Ça peut paraître un peu violent, mais je vais vous expliquer le pourquoi du comment.

En tout premier lieu, il faut que je vous parle de la qualité éditoriale de ce bouquin. Parce qu’à ce niveau, ce n’est plus seulement l’autrice qui est responsable de ça, mais le ou les éditeurs. Comment peut-on laisser passer le fait que Tessa Hart soit qualifiée d’agoraphobe (par une psy en plus !) alors qu’elle a peur d’être suivie, agressée et oppressée par une foule ? C’est un délire de paranoïa combiné à de l’ochlophobie : et je suis bien placée pour le savoir, puisque je suis ochlophobe ! Il suffit au premier des crétins venu de taper dans Google « agoraphobie » pour se rendre compte que sa définition concerne les grands espaces et les lieux publics : PAS LES GENS. C’est une confusion faite régulièrement par des non-concernés, et c’est tout à fait excusable. Mais en règle générale, quand on écrit un livre, on ne fait pas ce genre d’erreur. Ça sonne tellement négligé, comme si l’auteur n’en avait rien à foutre de ses lecteurs ; et le pire, c’est que ce bouquin a été relu par des professionnels ! Ça, je ne m’en remets pas. Sans compter les nombreuses coquilles et erreurs qui parsèment ce torchon : le travail éditorial est autant en cause que la traduction, qui a inexplicablement décidé de laisser des expressions telles que « Oh my God ! » en anglais dans le texte. Comme si le français n’avait pas d’équivalent pour cette expression, hein. C’est tellement horripilant de voir ce genre de choses, comme si la langue française n’était pas suffisamment riche ou sexy pour laisser ce genre de… choses.

En second lieu, j’aimerais parler des personnages et de la façon dont ils sont traités (spoiler : pas bien). Comme vous le savez très probablement (je pense que vous êtes plus ou moins au courant), nous bouffons du culte de la minceur et de la beauté à longueur de journée : à la télé, dans la rue, sur les réseaux sociaux, à la radio, dans les conversations, dans les stéréotypes bien ancrés chez une grande partie des gens. Alors pourquoi, alors qu’un livre est précisément libre de tout casting, de toute pression médiatique et de réalisation, pourquoi y retrouve-t-on les mêmes problèmes ? Pourquoi l’autrice s’est-elle sentie obligée de préciser que Tessa « a de belles jambes fines et galbées » et un « ventre plat » ? Pourquoi les deux tourtereaux sont-ils superbes et les antagonistes laids comme des poux ? Pourquoi l’une des seules personnes qui exaspère Eric est « petit, gros et chauve » ? D’autant que ce sont des précisions parfaitement INUTILES et TOXIQUES. Il y a deux possibilités : soit ces précisions sont totalement gratuites et c’est simplement gerbant de devoir encore se taper ce culte de la beauté et de la minceur dans une oeuvre d’imagination, soit elles ont un sens pour l’autrice. Ce qui est encore PIRE. Car ça voudrait dire que la beauté de Tessa justifie l’agression dont elle a fait l’objet, et sous-entend par conséquent que seules les filles « belles » sont victimes d’agression. Très honnêtement, je préfère que ça n’ait aucun sens et que ce soit simplement gerbant. Dans tous les cas, c’est problématique.

Et on continue ! J’ai tellement de critiques à émettre que ça me fatigue. Entre le petit copain de Tessa complètement CON, qui essaie de la faire chanter pour avoir du sexe et l’obliger à sortir alors même qu’elle est « agoraphobe » (ce qui n’a aucun sens puisqu’ils sont ensemble depuis longtemps et que par conséquent il devrait quand même avoir intégré ce léger détail), le suspense complètement crevé par les bribes d’extraits de l’interrogatoire qui dévoile quasiment tout le potentiel de l’intrigue, la romance qui prend une place que je trouve écrasante (et pas forcément intéressante ou utile), la ribambelle de clichés, les stéréotypes horripilants, les personnalités affreuses des personnages… AH OUI. En parlant de ça, parlons de la personnalité d’Eric : pendant un fugace instant, quelques pages à peine, je me suis raccroché à l’espoir qu’il n’ait pas une personnalité autant stéréotypée et attendue que son interlocutrice. EH BAH NON, VLAN. Alors qu’il semblait plein de colère pour le monde superficiel dans lequel il baigne (et il y aurait eu tellement de choses à dire à ce sujet, à approfondir), pour ses fans qui l’inondent d’un amour malsain et qui agissent comme des stalkeuses à tout bout de champ, au bout de seulement QUELQUES PAGES, il « réalise » soudainement que, oh bah non, c’est méchant quand même de penser ça, bouh, méchant Eric. MAIS. NON. BORDEL.

En bref, aucun personnage n’est profond, aucun sujet n’est intéressant. Le sujet des réseaux sociaux et de leur côté obsédant et irréel aurait pu être abordé, ça aurait pu être intéressant. Ça aurait pu. Mais non. C’est tellement mieux de faire un livre commercial qui repose sur les mêmes mécanismes que des centaines de fanfictions ; parce que oui, ce livre vient à l’origine de la plateforme Wattpad. C’est la raison pour laquelle j’avais des réserves. C’est les chroniques que j’ai lu à son sujet qui m’ont tentées, et très honnêtement je regrette. Je ne parlerai même pas de l’écriture « jeun’s » du livre tant c’est pathétique.

Conclusion : je suis bien contente de ne pas avoir mis un seul centime dedans.

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5 réflexions au sujet de « Follow Me Back : un grand non »

  1. Ouah! Quelle chronique explosive !
    Personnellement, je ne l’ai pas lu. Comme toi j’ai aussi vu d’autres personnes en parler et, je dois l’avouer, j’ai été tentée. Mais également comme toi j’ai des réserves. J’ai déjà lu un livre sortant de Wattpad et il m’a laissé un arrière goût une fois la dernière page tournée. Un goût de livre incomplet. Brouillon. Un goût de soupe (ou daube comme tu préfères) populaire qu’on voit partout en ce moment.
    Après avoir lu ton avis, je suis décidée. Je n’achèterai pas ce livre.
    Sinon je te souhaite d’autres belles lectures ! Des bisous.

    Aimé par 1 personne

  2. « c’est nul »
    J’AI TELLEMENT RI x)

    bon j’espère que tu vas vite oublier ce petit déchet. Les livres wattpad en général, je t’avoue que je n’y touche pas (à part si on me les recommande et que je fais confiance à la personne)… heureusement que tu n’as mis aucun centime dedans ! En tous cas ta chronique est super bien écrite et agréable à lire.
    Au plaisir de te relire bientôt 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci de ta participation à cette catastrophe aha. J’avais beaucoup de réserves, mais je voyais plein de chroniqueurs en dire du bien. Par précaution je ne l’ai pas payé fort heureusement, mais je regrette d’avoir perdu du temps de lecture. :<

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